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  • : Le blog de bouchet
  • : G. Bouchet la vie muncipale de Valence. Des réflexions sur la vie politique locale, départementale, nationale.
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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 07:39

Oser imposer le modèle laïque aux « décideurs »

Non la France n’a pas de problème de laïcité. Mais une grande partie de son personnel politique et médiatique autorisé a un problème avec la laïcité. Ce problème ce sont des discours compassionnels et culpabilisants dont l’effet est le retournement victimaire. C’est un regard paternaliste et méprisant par son indulgence même envers des communautés exclusives et féroces – comme si les individus qui les composent n’étaient pas dignes de prendre en main leur propre destin dans sa singularité, comme s’ils ne pouvaient jouir que d’une identité tribale « clés en mains ». C’est un dévoiement de l’antiracisme et de la lutte contre les discriminations, une virulence qui va jusqu’à solliciter le bras meurtrier en lui désignant les cibles d’un index complice et en susurrant l’accusation suprême – « islamophobe ! ». C’est la perméabilité à la normalisation par le religieux à laquelle il faudrait « s’adapter », comme si la laïcité était anti-religieuse, et comme s’il fallait avoir honte d’afficher son athéisme ou son agnosticisme. Ce sont les sirupeuses génuflexions devant un « vivre-ensemble » impératif, un douteux « bien commun » sans égards pour la singularité, comme si le civisme républicain était une valeur sacrificielle de patronage et comme si le Promeneur solitaire devait toujours être lapidé. Ce problème c’est aussi que nous, citoyens, n’osons pas imposer avec assez de force à nos « décideurs » la réappropriation du modèle politique laïque et de sa puissance libératrice.

Texte complet sur son site Mezetulle

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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 19:15

On sait que, en application du concordat de 1801 qui n’a pas été abrogé en Alsace-Moselle, c’est le président de la République française qui nomme l’archevêque de Strasbourg. Il est le seul chef d’Etat au monde à jouir encore de ce «pouvoir ». Concrètement, le président de la République propose trois noms, Rome choisit l’élu et, s’il est d’accord, c’est le président français qui, au final, officialise l’investiture du prélat par un décret publié au journal officiel.

Le nouvel évêque de Strasbourg, cautionné par le Président, ancien évêque aux armées, n’est pas un personnage qui sue le progressisme. Au lendemain des attentats contre Charlie Hebdo, Mgr Ravel avait suscité une polémique en écrivant dans le bulletin de l’Aumônerie militaire catholique des Armées « Le chrétien se sent pris en tenaille entre deux idéologies […] D’un côté, des adversaires déclarés et reconnus : les terroristes de la bombe, vengeurs du prophète. De l’autre côté, des adversaires non déclarés mais bien connus : les terroristes de la pensée, prescripteurs de la laïcité, adorateurs de la République. » « L’idéologie islamique vient de faire 17 victimes en France. Mais l’idéologie de la bien pensance fait chaque année 200 000 victimes dans le sein de leur mère. L’IVG devenue droit fondamental est une arme de destruction massive. »

Un prêtre professeur de théologie a été élu à la présidence de l’Université de Strasbourg.

Un évêque de « choc » va diriger le diocèse !

Les laïques alsaciens sont légitimement inquiets.

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 11:18

L’activisme de la hiérarchie catholique pour tenter de remettre le religieux au centre de la vie sociale est indiscutable.

En quelques semaines nous avons constaté, entre autres.

Au niveau national : l’intervention du président des évêques de France auprès du président de la république à propos du débat parlementaire sur les sites anti-Ivg ; l’organisation à Rome d’une réunion des maires des grandes villes françaises sur la question de l’immigration.Au niveau régional, l’organisation d’un pèlerinage de 260 élus pour « éclairer leurs décisions ». Au niveau départemental, la rencontre organisée entre des élèves de l’école publique et l’évêque du diocèse au cours d’une visite pastorale ; l’invitation/convocation du curé de la paroisse Saint-Paul du Rhône avec des maires et élus des communes constituant cette paroisse : "nous vivons ensemble, nous partageons les mêmes valeurs, il est important que nous puissions échanger" »

La séparation des Eglises et de l’Etat est un principe constitutionnel. Que les Eglises s’expriment sur les sujets de société est parfaitement légitime. Qu’elles exercent une pression directe sur les élus est une autre affaire.

Un texte produit par le Concile Vatican 2 le déclarait précisément « Le propre de la vocation des laïcs est, d’une manière particulière, de chercher le Règne de Dieu précisément à travers la gérance des choses temporelles qu’ils ordonnent selon Dieu.»

Le programme est en cours d’exécution.

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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 07:09

Certains esprits naïfs contestent que « les vaincus de 1905 » aient engagé une campagne pour tenter de reconquérir l’influence sur les décisions publiques que la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat leur a retirée.

Nous avons déjà évoqué ici le pèlerinage d’élus organisé à Rome par le cardinal Barbarin, la réunion au Vatican de 70 maires de villes françaises pour évoquer la question de l’accueil des migrants, initiatives qui s’inscrivent dans la réalisation de cet objectif.

Dans la Drôme, lors d’une visite dans la zone de l’Hermitage Nord, l’évêque de Valence, reçu par trois maires, leur a remis un document rédigé par la conférence des évêques de France dont le titre fleure bon le prosélytisme politique : « Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique ».

Plus que jamais la vigilance laïque est un nécessité.

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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 16:19

Plus de 70 maires de grandes villes européennes, dont la maire de Paris, se sont réunis à l’invitation du pape François, en plein cœur des jardins du Vatican par l’Académie pontificale des Sciences pour un sommet de deux jours, ces vendredi et samedi 9 et 10 décembre 2016, sur l’accueil des migrants dans leurs villes.

Une plateforme d’échange offerte par le Saint-Siège pour leur permettre aux élus de se mettre en réseau et, à terme, d’accueillir puis d’intégrer au mieux les migrants.

Se coordonner pour un meilleur accueil des réfugiés ne peut être que bénéfique. Le faire à l’initiative et sous l'égide du Vatican, voilà qui interpelle.

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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 01:51

Ils n’ont pas joué sur ce registre là lors de leur débat télévisé.

Néanmoins, entendre au cours de la semaine  les deux candidats à la candidature de droite  à la présidentielle échanger ces propos : «Je suis plus proche du pape François que de La Manif pour tous»,  dit l’un à  l’autre qui réplique : «Le pape François dit la même chose que moi»,  est pour le moins surprenant  quand on postule à être désigné président d’une République constitution-nellement laïque.

Cela montre que, tout en condamnant le communautarisme, ces politiciens n’hésitent pas à s’adresser aux Français en fonction de leur appartenance religieuse, c’est-à-dire qu’ils considèrent qu’il est des communautarisme légitimes qu’ils convoquent comme allié.

Ils savent bien que  l’Eglise catholique n’a pas renoncé  à peser sur les affaires civiles. « Le propre de la vocation des laïcs est, d’une manière particulière, de chercher le règne de Dieu précisément à travers la gérance des choses temporelles qu’ils ordonnent selon Dieu » a proclamé le Concile Vatican II (Constitution Lumen Gentium, 31). Ils en appellent donc à leur coreligionnaires  pour être celui qui, au plus haut niveau de l’Etat exécutera la mission.

Si l’un des deux arrive au pouvoir : sale temps pour la laïcité.

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8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 19:41

Le Jubilé de la Miséricorde est une « année sainte » voulue par le Pape François. Il est célébré, pour célébrer le cinquantenaire de la clôture du Concile de Vatican II et en approfondir la mise en œuvre. Ce jubilé s’achèvera le 20 novembre à l'occasion de la fête du Christ-Roi.

Le rappel de ce qu’est cette fête n’est pas sans intérêt. Créée en 1925, elle a pour but de rappeler au monde et à ses dirigeants que, aux yeux de l’Eglise,  « La royauté du Christ n’est pas seulement spirituelle, elle est aussi temporelle….Ce serait une erreur honteuse de dénier au Christ-Homme l’empire sur les choses civiles quelles qu’elles soient ; il a, en effet, reçu du Père un droit si absolu sur les créatures que tout est soumis à son bon vouloir.» La célébration de cette fête est l’occasion de rappeler solennellement aux magistrats civils cette conviction de l’Eglise de Rome : « Aux États, la célébration annuelle de cette fête déclarera que les magistrats et les gouvernants sont tenus tout comme les citoyens de rendre au Christ un culte public et de lui obéir. » (les textes en italique sont extraits de l'encyclique qui institue cette célébration).

Que des élus acceptent de se rendre à Rome pour participer à un évènement qui s’inscrit dans ce contexte témoigne soit « qu’ils ne savent pas ce qu’ils font », soit, s’ils le savent, qu’il n’ont plus de républicains que le nom.

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20 octobre 2016 4 20 /10 /octobre /2016 11:54

Le conseil départemental favorise-t-il l’enseignement privé ?

L’édition du mardi 18 octobre du Dauphiné Libéré donne, à sa page 5, des indications chiffrées quant à la scolarisation dans les collèges de notre département et la dotation de fonctionnement qui est attribuée par le conseil départemental.

Les chiffres demandent manifestement à être vérifiés.

En effet, pour 6334 élèves scolarisés dans les six collèges privés, la dotation départementale serait de 1 285 493 euros, soit un ratio de 202,95 euros par élève. Pour les 18 648 élèves scolarisés dans les trente-six établissements publics, la dotation serait de 3 189 790 euros soit un ratio de 171,05 euros par élève.

Il nous parait tout à fait invraisemblable ou, si les chiffres indiqués étaient confirmés, tout à fait inadmissible, que la dotation par élève du privé soit supérieure de presque 20 %  (18,64%) à celle d’un élève dans l’enseignement public. Cela signifierait que le département, qui participe à la gestion d’un service public, laïque dans sa définition, manque à ses devoirs en favorisant manifestement l’enseignement privé. Nous ne pouvons croire qu’il en soit ainsi.

Un courrier vient d’être adressé au président du conseil départemental demandant des précisions sur les chiffres cités.

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 10:16

L’effectif français des saints de l’église catholique s’est accru hier de deux unités.

Le pape François a en effet canonisé Elisabeth de la Trinité, carmélite décédée en 1906, et Salomon Leclercq, frère des écoles chrétiennes, victime des massacres de septembre 1792.

Les fidèles peuvent se réjouir, mais, une fois de plus, que faisait la représentante du gouvernement de la France laïque à cette cérémonie interne à une église au cours de laquelle on a probablement fustigé la révolution de 1789? Les massacres de septembre ne sont certes pas l’épisode le plus glorieux de cette révolution, mais, malgré tout, celle-ci constitue une des racines de la France moderne.

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3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 10:56

Voici le texte intégral du courrier adressé par l'Observatoire de la laïcité à Monsieur le Président du Conseil départemental.

Monsieur le Président,

Vous avez autorisé la présence dans le hall de l’hôtel du département d’une exposition organisée par l’association « Paroles communes » présentant les trois religions monothéistes : Judaïsme, Christianisme et Islam.

Dans le panneau introductif, les organisateurs déclarent accepter les principes de la laïcité posés par la loi de 1905 et affirment être étrangers à tout esprit de prosélytisme. Ces deux affirmations nous semblent être des affirmations inexactes et témoigner d’une méconnaissance de fond de ce qu’est la laïcité républicaine.

En effet, la laïcité c’est la neutralité absolue des services publics. En cela, installer dans le hall d’un établissement public, librement accessible à tous les citoyens, une exposition présentant les fondements et les rites de trois religions est manifestement une entorse à ce principe de neutralité. Faire de cette exposition un passage obligé pour tous les visiteurs et les personnels des services du conseil départemental – quelles que soient leurs convictions personnelles - relève d’une pression totalement inadmissible sur les personnes et d’un usage illégitime d’un lieu public. Cela constitue une action qui relève du prosélytisme bien que les organisateurs s’en défendent. Le fait que le propos soit interreligieux ne change rien à cette évidence. L’œcuménisme n’est pas la laïcité.

La laïcité garantit la liberté de conscience et la libre expression religieuse. Que les Eglises et les religions cherchent à se faire connaître et à s’affirmer est un droit que personne ne songe à leur contester. C’est même l’honneur d’un Etat laïque que de garantir ce droit qui, est-il nécessaire de le souligner, n’est nullement reconnu pour tous dans les Etats où les religions et les religieux détiennent le pouvoir. Il est par contre tout à fait intolérable, pour un laïque conséquent, que les services publics encouragent, facilitent, voire financent, ces actions prosélytes en mettant à leur disposition des lieux publics constitutionnellement voués à la neutralité. D’autres lieux existent qui ont vocation à recevoir ce type de manifestation.

Il serait probablement bien inutile que nous vous demandions la suspension de cette exposition. Vous voudrez cependant bien considérer que les laïques du département considèrent votre initiative comme tout à fait incompatible avec les principes que tout détenteur d’un pouvoir public dans une République laïque devrait s’efforcer de respecter. Nous ferons évidemment connaître publiquement notre point de vue.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’assurance de nos salutations laïques.

Valence le 30.09.13

Le Bureau de l’Observatoire

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