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G. Bouchet la vie muncipale de Valence. Des réflexions sur la vie politique locale, départementale, nationale.

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08.196/ La crise

Il y a quelque chose de cocasse à entendre ceux qui ont fait du " moins d"Etat ", de la concurrence " libre et non faussée ", du " tout marché régulateur de la vie économique ", les principes actifs de leur politique et les justificatifs du démantèlement de l"Etat républicain auquel ils se livrent avec délectation, nous expliquer aujourd"hui qu"il faut injecter des fonds publics pour sauver de la faillite le système bancaire et protéger l"épargne populaire. Nous ne devons pas être dupes de leurs intentions réelles qui sont clairement d"utiliser les moyens collectifs pour aider le capitalisme à faire face à une de ses crises cycliques et à poursuivre la concentration des richesses entre les mains de quelques uns.

Voir ceux pour qui, il y a trois semaines encore, le mot " nationalisation " était une insulte au bon sens et à la modernité puiser à pleines mains dans les fonds publics pour sauver de la faillite le système bancaire qu"ils ont construits ou contribuer à construire, pourrait faire rire si la vie quotidienne de nos concitoyens n"allait pas en être affectée. Car, dans le même temps, le processus de privatisation de la Poste continue, la mise à sac de l"époque publique se poursuit, la dotation de solidarité urbaine est remise en cause pour certaines communes, la réduction des postes dans la fonction publique s"accélère, etc…etc… L"argent pour sauver les banquiers ne sauvera pas le service public. Les " convictions " à géométrie variable de ces politiciens sont suspectes. La crédibilité qu"on peut leur accorder en matière de défense des intérêts collectifs est à peu près nulle !

J"invite les lecteurs de ce blog à aller lire sur le site www.mrc-france.org les propos que J.P Chevènement tenait le 11 Juin en clôture d"un rassemblement appelant à la refondation de la gauche. Il livrait alors, par anticipation, une analyse de la crise que beaucoup de responsables ne voyaient pas venir et traçait les voies de solutions possibles (extraits) : Le capitalisme financier a pris progressivement le pas sur le capitalisme industriel. …Le développement des fonds spéculatifs et des fonds de pension a abouti à l"instauration d"une véritable " dictature " de l"actionnariat. Mais, victime de ses excès, la " globalisation " est entrée en crise profonde avec la dérive du système financier, le retour de l"inflation et l"éclatement du système monétaire international…Cette " globalisation ", en effet, est un phénomène à la fois économique et politique. Ce serait rester à la surface des choses que de voir dans les " subprimes " américaines et les dérives du capitalisme financier à l"échelle mondiale la cause essentielle…Au niveau national  L"urgence première sera de faire face à la récession qui vient. Aucun moyen ne devra être négligé, y compris l"intervention de fonds d"épargne publics, pour préserver le tissu industriel. L"éducation, la recherche, et plus généralement une politique d"investissements seront favorisées. La cohésion sociale, l"activation du sentiment républicain, la solidarité civique face à toutes les formes de communautarisme seront constamment recherchées. Une véritable écologie, au service de l"humanité tout entière, ne saurait s"enraciner que sur le terreau des Lumières, rejetant toutes les formes d"obscurantisme. Tel est notamment le cas pour ce qui est de la lutte contre le réchauffement climatique et pour un développement durable. La science et la culture doivent, en effet, rester au cœur de notre action.

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S
A propos d'un passage dans le commentaire de Gégé : "nos responsables se sentent obligés de revenir à l'interventionnisme étatique : en somme l'Etat providence ou mieux encore l'Etat social redevient à la mode lorsque ces élites oublient (momentanément) leur religion (néolibéralisme, primauté du marché...)."<br /> <br /> A mon avis, ce qui redevient à la mode, c'est plutôt l'Etat brancardier (certains disaient jadis béquilles du capital). L'Etat au secours des marchés, des firmes ; mais, pendant ce temps les "réformes" continuent : pas de pause dans la remise en cause des droits sociaux (et donc de l'Etat providence). Mais,...<br /> <br /> ... je pense (et c'est sans doute ce que voulait dire Gégé) que le moment est propice pour une (re)fondation, une (re)naissance de l'Etat providence. Les néo libéraux sont affaiblis (momentanément ?), l'opinion s'interroge sur les vertus supposées des marchés, terrain propice à une reconquête idéologique.
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C
Ce que l'on peut lire sur le blog de J.P. Chevènement  est-il incongru pour ceux qui prônent l'union nationale?<br /> <br /> "Mais on n"a pas le droit de parler d"" union nationale " avant qu"un vrai débat national ait eu lieu, permettant d"aller aux racines de la crise et de dégager des propositions répondant à la fois à l"intérêt du pays et à la justice sociale. Ce bref débat parlementaire ne saurait être que la préfiguration du grand débat national souhaitable. Encore faut-il que le gouvernement et le Parlement définissent un cadre pour ce débat national."<br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />  En tous cas, personnellement, je trouve cette proposition empreinte de "bon sens"démocratique! <br /> <br /> Mais les tenants du capitalisme financier n'aiment pas le bob sens démocratique.
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R
La crise financière est effectivement désespérante et il ne faut rien attendre des initiatives sarkoziennes si ce n'est de sauver le système et de résigner encore plus les citoyens.<br /> <br /> Résignation d'autant plus cruelle qu'il n'y a aucune alternative crédible pour faire face et espérer. Les moulinets oratoires du PS sont eux aussi désespérants. JP Chevènement a une annalyse claire et mobilisatrice (voir son intervention au sénat du 8 octobre), mais il est inaudible tant il s'est enfermé dans cette nasse qu'on veut encore appeler "la gauche", et qui n'est que l'autre face d'une même politique. Ecoutons Lamy, strauss-Kahn, Hollande, nous serons édifiés!...
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G
Ne trouve-t-on pas dans cette crise (brutale au sein d'une récession   langoureuse qui s'annonce depuis des mois et que, par dogmatisme on a laissé filer), la démonstration d'un événement programmé dont le seul objectif serait de mettre en oeuvre la trop fameuse "stratégie du choc"?<br /> <br /> Le capitalisme financier (et donc spéculatif), ayant construit lui-même ses propres limites, s'aperçoit que pour réorienter ses objectifs, il devient urgent de supprimer toutes les formes de vélléités revendicatives de la société et en conséquence, de faire table rase des acquis sociaux ou d'éradiquer toutes références à la culture des luttes sociales. <br /> <br /> Il est "plaisant" de constater qu'après avoir fait l'apologie de l'Etat régalien et de la primature de la gouvernance supranationale de l'Europe de Bruxelles ( et de la concurrence libre et non faussée), nos responsables se sentent obligés de revenir à l'interventionnisme étatique : en somme l'Etat providence ou mieux encore l'Etat social redevient à la mode lorsque ces élites oublient (momentanément) leur religion (néolibéralisme, primauté du marché...).<br /> <br /> Et qu'importe les victimes, pourvu qu'elles pourvoient au redressement des coupables!
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