Ce qui se passe à Grenoble est extrêmement préoccupant.
L’Institut d’études politiques forme des étudiants qui seront demain des responsables et des cadres dans la société. Qu’un certain nombre de ces futures « élites » désignent deux de leurs professeurs comme victimes potentielles de quelques fous de Dieu, comme le fut Samuel Paty, au prétexte fallacieux qu’ils seraient islamophobes donne froid dans le dos quant à leur sens de ce que doit être la responsabilité individuelle.
Ne pas comprendre qu’il y a une différence fondamentale entre la critique d’une religion qui vise des idées et le racisme ou l’antisémitisme qui visent des personnes – ce que soutiennent à juste titre les deux professeurs visés – interroge quant à la capacité de raisonnement des auteurs de la dénonciation de cette prétendue islamophobie.
il y a vraiment quelque chose d'inquiétant dans le fait que notre système éducatif puisse produire de pareilles errances de pensée et de comportements.
Que l’UNEf-Grenoble - syndicat dont l’histoire le porterait à prendre d’autres positions - se range du côté des calomniateurs est symptomatique d’une perte des valeurs de référence. J’ai quelque mal à reconnaître un syndicat que j’ai présidé en 1967-1968 et qui avait alors , me semble-t-il , plus de rigueur de pensée.