G. Bouchet la vie muncipale de Valence. Des réflexions sur la vie politique locale, départementale, nationale.
Par BOUCHET
La réforme du code du travail par le gouvernement serait destinée à moderniser le marché du travail français.
Moderniser, voilà bien un mot valise, un mot qui sert de fourre-tout et de leurre pour cacher souvent les pires intentions.
Moderniser passerait par une déstabilisation des salariés. Or, on ne voit pas comment les filets de sécurité que les salariés abandonneraient au niveau de l’entreprise : moindre stabilité des emplois, des temps et des rémunérations, serait compensé pas plus d’assurance collective et plus d’investissement. Un tel propos est évidemment une chimère.
Alors que, par exemple, les allemands que l’on cite si souvent en exemple et les hollandais, font tout, en cas de crise, pour garder le personnel en utilisant massivement le recours négocié au chômage partiel, en France on choisirait de faciliter les licenciements purs et simples. Au nom de l’emploi, on faciliterait les mises au chômage. C’est peut-être « moderne » mais ce n’est sans doute pas très efficace.
Quand on me parle de « modernité » me vient toujours à l’esprit la conclusion de la conférence de Renan « Qu’est-ce qu’une nation ? » : Messieurs, laissons passer le règne des transcendants ; sachons subir le dédain des forts. Peut-être, après bien des tâtonnements infructueux, reviendra-t-on à nos modestes solutions empiriques. Le moyen d’avoir raison dans l’avenir est, à certaines heures, de savoir se résigner à être démodé.
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