Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

G. Bouchet la vie muncipale de Valence. Des réflexions sur la vie politique locale, départementale, nationale.

Publicité

Profanation

La profanation de lieux de sépultures révèle chez ceux qui se livrent à ce genre de pratique une profonde aliénation de leur humanité. Le passage de l’animalité à l’humanité passe en effet par le respect de la mort.

Cela dit, rappelons que l’existence de cimetières confessionnels date d’une époque, que l’on voudrait révolue, pendant laquelle, les hommes, séparés les uns des autres par leur religion de leur vivant, voulaient continuer à l’être dans leur mort. La « terre sacrée » était refusée aux non catholiques qui étaient rejetés hors l’enceinte du cimetière communal.

La loi du 23 prairial an XII enjoignit aux municipalités de créer des cimetières distincts pour les membres de chaque confession, ou à défaut de leur affecter une partie distincte du cimetière. La loi du 14 novembre 1881 a mis fin à ce régime des cimetières confessionnels, municipaux ou privés. Il fut donc interdit d'en créer, mais il fut toujours possible de se faire inhumer dans ceux existants.

Le principe de neutralité de l’Etat interdit aujourd’hui aux maires de réserver, dans le règlement du cimetière municipal, certaines parties aux personnes professant un culte donné. Néanmoins, la circulaire de février 2008, permet la constitution de regroupements confessionnels (non-matérialisés), le maire appréciant lui-même, sous le contrôle du juge si nécessaire, l’opportunité de créer ou non un espace confessionnel. Si quelqu'un souhaite être inhumé dans le carré musulman ou juif, lorsqu’ils existent, aucun imam ou rabbin ne peut s'y opposer au prétexte que le défunt n'est pas musulman ou juif, ou pratiquant d'une manière jugée hétérodoxe.

Plutôt que ces accommodements, ne serait-il pas plus raisonnable d’en revenir au respect de la loi de 1881 et à des espaces communs ? Coexistant dans la vie, les hommes continueraient à voisiner dans la mort, chacun marquant, s’il le souhaite, son appartenance religieuse par un signe particulier.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
C
quoique les animaux soient parfois plus "humains" que ces derniers ....
Répondre