Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de bouchet
  • : G. Bouchet la vie muncipale de Valence. Des réflexions sur la vie politique locale, départementale, nationale.
  • Contact

Recherche

16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 14:16

La venue de John Kerry à Paris est souvent accompagnée du commentaire un peu ironique : « mieux vaut tard que jamais ».

Que vaut-il mieux : un Kerry « en retard » ou un Erdogan qui marche « pour la liberté de la presse » mais interdit Charlie Hebdo de retour à Ankara ou un Benyamin Netanyaou qui s’impose et qui dirige un pays où la presse corrige les photos de manif en faisant disparaître les femmes « pour raison religieuse » ?

Repost 0
15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 12:42

Je me méfie toujours de l’unanimisme.

Je suis persuadé que,  dans la foule qui proclamait dimanche dernier : « je suis Charlie », le sens accordé à cette proclamation variait de façon très significative selon les convictions profondes de ceux qui l’affichaient. Tout le monde ne battait pas le pavé pour les mêmes raisons.

La vérification de ce sentiment  vient d’être offerte par les propos de l’iman de Valence.(presse du jour). Celui-ci – qui est à juste titre considéré comme un iman modéré – dit aujourd’hui : « Je ne suis plus Charlie. Je croyais que les événements douloureux te rendraient plus sage plus lucide. Il n’en est rien, tu es encore plus agressif et provocateur… Reviens à la raison, tu as assez fait de mal comme ça Charlie.. »

Si l’on décrypte bien ce propos, dimanche, l’iman protestait bien contre la violence et le meurtre, mais il ne marchait pas pour la liberté d’expression. Il considérait que la liberté de ton de Charlie « faisait du mal » et il espérait, sans doute de manière inconsciente, que, finalement, Charlie mettrait de l’eau dans son vin et renoncerait au blasphème et à être le représentant d’une presse libre. On voit bien là qu’il y a une incompréhension sur le fond.

La réponse à apporter à cette situation n’est évidemment ni dans l’anathème ni dans le renoncement à être libre et laïque, mais dans l’ouverture d’un dialogue, patient, continu, méticuleux avec ceux qui ont manifestement de la difficulté à admettre, parce qu’ils ont de la difficulté à comprendre, les véritables valeurs de notre République laïque.

Repost 0
14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 11:52

En 1989, une revue aujourd’hui disparue, « l’Evénement européen », consacrait un dossier a la question « l’usage politique du religieux.»

Sous la plume d’un journaliste italien j’y retrouve un article qui contribue à éclairer les événements que nous vivons aujourd’hui.

Extraits : Le monde de l’islam est aussi différent du monde chrétien dans sa vision de Dieu, de l’homme et du monde, qu’il lui est semblable dans ses thématiques fondamentales…Pour le christianisme le message salvateur s’adresse à la personne : de cela nait une communauté, l’Eglise, qui est une communauté différente des communautés sociales et politique…Dans l’islam l’appel de Dieu par l’intermédiaire du prophète se réfère directement aux individus, mais son objectif est de constituer une communauté universelle, qui ordonne toute la vie des hommes. Le Coran, à la différence des l’Evangile est une norme pour une communauté, la Umma qui comprend tous les musulmans... Le concept de liberté de la personne humaine, le droit à la dissidence, l’idée même de droits subjectifs est dépassée dans la conception d’une umma qui s’impose et pour laquelle l’unique règle est la lettre du Coran.

De cette différence originelle est sorti un mouvement d’opinion qui a été défini comme islamiste et qui a pour adversaire principal, non les Européens et les Israéliens, mais la structure sous forme de nations, des Etats arabes et islamiques dont ils ne reconnaissent pas la légitimité. De ces mouvements dont le plus connu est celui des Frères Musulmans M. Rodinson a donné la définition suivante : ils ont l’aspiration à résoudre au moyen de la religion tous les problèmes sociaux et politiques et simultanément de restaurer l’intégralité des dogmes. »… Cette définition indique la volonté de faire de la loi coranique une loi de toute la communauté musulmane, brisant les traditions  qui ont permis la division de la umma musulmane en Etats politiquement séparés et introduisant dans le monde islamique les concept d’Etat-nation. »

Cette approche permet de comprendre pourquoi  les conflits générés par l’islamisme sont d’abord des conflits internes à l’islam lui-même (sunnites - chiites) et pourquoi  l’évolution  des musulmans vers les  « normes » occidentales d’organisation de nos Etats sont rendues difficiles,  y compris pour ceux qui sont le plus sincèrement désireux de cohabitation apaisée.

Repost 0
13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 11:50

Lu sur le site de  « Libération »

Plusieurs dignitaires étrangers présents ce dimanche pour manifester entre République et Nation représentent des pays où un journal comme Charlie Hebdo n'aurait guère eu de chances de paraître.

Les chefs d’Etat ou ministres étrangers rassemblés autour de François Hollande pour la marche de soutien à Charlie Hebdo et aux victimes des attentats et prises d'otages des derniers jours ne sont pas tous des modèles en matière de liberté de la presse. Passage en revue de ces invités qui font tache :

La Jordanie, où règne le couple royal Abdallah II et Rania, prend soin de ne pas laisser la liberté de la presse mettre le trône en péril. Face aux «printemps arabes» qui ont agité les pays voisins, les autorités ont renforcé leur contrôle sur les médias, en particulier sur le web. En juin 2013, quelque 300 sites d’information ont été bloqués sur tout le territoire. Neuf autres sites ont subi le même sort en juillet dernier. La Jordanie (141e du classement RSF) aide même les autres pays à museler leurs médias. Une chaîne irakienne basée à Amman, la capitale, a été fermée par les autorités.

La liberté de la presse n’était déjà pas le point fort de la Russie (148e du classement RSF), mais depuis le retour de Poutine à la présidence, la situation ne s’est pas améliorée. La liste des motifs qui permettent de bloquer des sites web s’est allongée, la diffamation a été réintégrée dans le domaine pénal et des journalistes sont toujours assignés à résidence ou emprisonnés. Ce qui n’a pas empêché Poutine d’envoyer son ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, manifester à Paris.

Ali-Omar Bongo, chef d’Etat du Gabon, était présent. Si RSF a salué quelques timides efforts d’ouverture en 2013, des menaces pèsent toujours sur la liberté de la presse dans ce pays (89e sur la liste de RSF). Le journaliste d’investigation Jonas Moulenda a ainsi affirmé avoir été séquestré et menacé en décembre dernier par un membre du cabinet du président de l’Assemblée nationale. Deux hebdomaires d’opposition ont également été piratés en septembre et accusent le pouvoir de vouloir les censurer.

La Hongrie (64e du classement RSF) a dégringolé en matière de liberté de la presse depuis l’arrivée au pouvoir de Vikor Orban en 2010. Une loi très restrictive en la matière a été votée en 2011. Désormais, des amendes menacent les médias dont les autorités estimeraient qu'ils ne produisent pas une «information équilibrée». Une autorité émanant du Fidesz, le parti d’Orban, contrôle l’ensemble des médias.

La Turquie, représentée lors de la manifestation par son Premier ministre Ahmet Davutoglu, fait aussi partie des mauvais élèves en ce qui concerne la liberté de la presse. Elle est 154e au classement 2014 de RSF. En décembre dernier, des perquisitions ont eu lieu dans des médias de l'opposition au président Recep Tayyip Erdogan, et 24 personnes ont été interpellées. Un patron d’une chaîne de télévision avait même été inculpé pour terrorisme. La lutte contre le terrorisme est instrumentalisée selon RSF, et a notamment conduit à l’arrestation de dizaines de journalistes.

Repost 0
12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 11:38

La journée de dimanche a été une journée  au cours de laquelle la Nation, rassemblée au-delà de tous les particularismes qu’ils soient sociaux, ethniques, religieux, philosophiques…. a dit sa volonté de défendre les valeurs de la République : liberté, égalité, fraternité, laïcité, contre toutes les violences et tous les intégrismes.

Sur le pavé de nos rues et de nos boulevards, ce n’était pas, des chrétiens, des juifs, des musulmans des athées, des agnostiques, des blancs, des noirs … qui honoraient la mémoire des victimes du terrorisme. C’était des citoyens d’une libre république prenant la parole pour dire, tous ensemble, leur refus de la violence, du racisme, la xénophobie et leur volonté de résister à toutes les injonctions qui prétendent encadrer et limiter la liberté de penser et de s’exprimer.

Tous  ensemble. C’est ce qui fait, me semble-t-il, le sens le plus fort de ces rassemblements citoyens qui se sont multipliés sur tout le territoire national.

Fallait-il donc que cette journée exceptionnelle s’achève par une cérémonie religieuse, avec la présence du président de la République et du premier ministre, dans un lieu de culte particulier et que cette cérémonie soit retransmise intégralement par les médias publics ? Au terme de ces gigantesques rassemblements unitaires, fallait-il  en revenir à une expression communautaire et distinguer  certaines  victimes par leur confession au cours d’un rite religieux spécifique ?

Je ne crois pas que de telles pratiques, et leur valorisation dans les médias publics, soient cohérentes avec le sens qui était celui de cette journée du  11 janvier. Je ne crois pas que la défense de la République laïque passe par ce genre de pratique et que laisser le dernier mot au religieux soit le meilleur moyen de créer un vivre ensemble apaisé.

La barbarie a frappé « les juifs et les croisés ». La réponse unitaire du peuple à cette barbarie a été spectaculaire. C’est cette réponse, et elle seule, que l’Etat laïque doit accompagner et contribuer à renforcer.

Repost 0
11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 19:14

Samedi 10 janvier 2015, 21h27
Au moins 19 personnes ont péri samedi lorsqu'une bombe fixée sur une fillette d'une dizaine d'années a explosé dans un marché bondé de Maiduguri, grande ville du nord-est du Nigeria, un attentat dont Boko Haram, qui ravage la région, pourrait être à l'origine.

Une autre explosion meurtrière a eu lieu à Potiskum, à une centaine de km à l'ouest de Maiduguri: au moins un policier a été tué samedi dans l'explosion d'une voiture à l'entrée d'une station de police, selon une source policière.

Ces attentats interviennent une semaine après une attaque meutrière de Boko Haram sur le village de pêcheurs de Baga dans l'Etat de Borno (nord), peut-être la plus sanglante de celles menées depuis six ans par le groupe islamiste.

Repost 0
10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 12:31

Nos « élites » politiques de gauche seraient-elles stupides ?

Le chef de l’Etat, dans la droite ligne de son appel à l’unité nationale, prend  soin d’inviter Marine Le Pen à l’Elysée, dans le cadre de sa série de consultations des représentants des forces politiques. Dans le même temps,  quelques bons esprits décident d’exclure  le F.N  de la manifestation nationale de dimanche parce qu’il ne serait pas un parti républicain. Qui a raison : le chef de l’Etat ou les « purs » ?

On ne combat pas pour la démocratie et la liberté de parole en niant à un parti le droit de s’exprimer fut-il un parti aux idées plus que contestables. Quel plus beau cadeau lui  faire que d’en faire un exclu à un moment où l’expression de l’unité nationale est à l’ordre du jour et où ce parti est en passe de recueillir près de 30% des voix aux prochaines élections ?  

Peut-on à la fois exclure et marcher pour la liberté d’expression ?

Le F.N doit être combattu, mais certainement pas comme cela !

Repost 0
9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 15:59

Aussi longtemps que les évènements terroristes en cours ne sont pas réglés, l’opinion reste et restera dans le registre de l’émotion. Or la raison est faible en face de l’émotion.

Il faudra pourtant, au sortir de la phase aigüe de la crise,  prendre le temps de s’interroger collectivement, sérieusement, sans complaisance et sans langue de bois, sur les raisons qui conduisent à la situation que connaît la France aujourd’hui et sur les moyens, non seulement de répondre mais surtout de prévenir ces situations où la barbarie l’emporte sur la civilisation.

Comment répondre à la détestation  de certains pour notre système laïc ? Comment promouvoir réellement l'égalité ?  Comment construire une unité nationale durable ?

C’est probablement de ne pas s’être attaqué suffisamment tôt et avec suffisamment de volonté à construire des réponses à ces questions (et à quelques autres) que notre société se trouve aujourd’hui dans une profonde crise.

Repost 0
8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 16:58

On ne peut que se réjouir de voir des français, de droite comme de gauche, se mobiliser aujourd’hui pour défendre la liberté d’expression et, au travers du slogan : « je suis Charlie » se montrer solidaire d’un journal dont la liberté de ton et d’esprit ne répugne pas au blasphème.

Le délit de blasphème a été supprimé du Code pénal par un décret du 8 juin 1906 et, hors l’Alsace-Moselle, encore soumise au droit local, personne ne peut être poursuivi en France pour avoir tenu un « discours qui insulte la divinité, la religion ou ce qui est considéré comme sacré. » (Définition du blasphème.) Toute mise en cause de ce dispositif serait attentatoire à la liberté d’opinon.

On se réjouit d’autant plus de cette vague de solidarité qu’il n’est pas si loin le temps où un député de droite déposait au parlement français une proposition de loi « visant à interdire la banalisation du blasphème religieux par voie de caricature» Proposition n°2993 du 29 mars 2006. Sa proposition était alors soutenue par certains courants d’opinion qui aujourd’hui se déclarent solidaires de « Charlie-Hebdo ».

Comme quoi il ne faut désespérer de personne….. à moins que !

Repost 0
7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 22:55

 

L’attentat meurtrier contre Charlie Hebdo est une attaque sans précédent contre la France et la liberté.

Plus qu’aucun autre, ce journal fait vivre un esprit voltairien et blasphématoire, profondément français.

La riposte démocratique, organisée par les pouvoirs publics comme par la société française, doit être implacable.

 

Repost 0