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  • : Le blog de bouchet
  • : G. Bouchet la vie muncipale de Valence. Des réflexions sur la vie politique locale, départementale, nationale.
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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 10:13

Cessons de parler du 8 mars comme de la journée de LA femme, car la femme n'existe pas. On peut en vain la chercher dans la littérature, les arts, l'histoire, le monde contemporain... on ne trouve que DES femmes, toutes différentes dans leurs personnalités, leurs comportements, leurs pensées. Pourquoi tant de diversité ? La raison tient au fait qu'elles ont toutes des cerveaux différents... Grace aux techniques d'imagerie cérébrale par IRM, on sait désormais que le cerveau se construit en interaction avec le monde environnant. De nouvelles connexions entre les neurones se fabriquent tout au long de la vie en fonction des expériences et des apprentissages. On parle de "plasticité cérébrale" pour décrire cette capacité du cerveau humain à se façonner selon l'histoire propre à chacun. Il en résulte qu'aucun cerveau ne ressemble à un autre. L'IRM a révélé que les différences cérébrales entre les personnes d’un même sexe sont tellement importantes qu'elles dépassent les différences entre les sexes. Les vieux préjugés d’un déterminisme biologique inné des différences d’aptitudes et de comportements entre les femmes et les hommes ne sont plus défendables. Rien n’est à jamais figé ni programmé dans le cerveau depuis la naissance. C’est une véritable révolution pour la compréhension de l’humain.

La plasticité cérébrale apporte un éclairage nouveau sur les processus qui contribuent à forger nos identités. A la naissance, le petit humain n’a pas conscience de son sexe. Il va l’apprendre progressivement à mesure que ses neurones se connectent et que ses capacités cérébrales se développent. Ce n'est qu'à partir de l'âge de deux ans et demi que l'enfant devient capable de s'identifier au féminin ou au masculin. Or depuis la naissance, il évolue dans un environnement sexué : la chambre, les jouets, les vêtements différents selon le sexe de l'enfant. De plus, les adultes, de façon inconsciente, n’ont pas les mêmes façons de se comporter avec les bébés. Ils ont plus d’interactions physiques avec les garçons, alors qu’ils parlent davantage aux filles. C'est l'interaction avec l'environnement familial, social, culturel qui va orienter les gouts, les aptitudes et forger certains traits de personnalité en fonction des modèles du féminin et du masculin donnés par la société dans laquelle l'enfant est né.

Mais tout n'est pas joué pendant l'enfance. Les schémas stéréotypés ne sont pas gravés dans les neurones de façon immuable. À tous les âges de la vie, la plasticité du cerveau permet de changer d'habitudes, d'acquérir de nouveaux talents, de choisir différents itinéraires de vie. La diversité des expériences vécues fait que chacun de nous va forger sa propre façon de vivre sa vie de femme ou d'homme.

Or malgré les progrès scientifiques sur la plasticité cérébrale, l'argument des différences de « nature » est toujours bien présent pour expliquer les différences entre les femmes et les hommes dans la vie sociale et privée. L'environnement médiatique contemporain contribue activement à renforcer la biologisation des comportements humains. Télévision, presse écrite, sites internet nous abreuvent régulièrement de "découvertes" scientifiques qui expliqueraient nos émotions, nos pensées, nos actions : gène de l'homosexualité, hormone de la fidélité, neurones de l'empathie etc. Ce contexte est forcement propice à la promotion des thèses essentialistes orchestrées par les mouvements conservateurs qui s’opposent aux nouvelles formes de la famille, au mariage des couples homosexuels, à la légalisation de l’avortement etc.

Ces idées ont des implications sociales et politiques lourdes de conséquences. Affirmer qu'il est plus naturel pour une femme que pour un homme de s’occuper de ses enfants à cause des hormones ou des gènes, c'est remettre en cause les lois sur l’égalité, les congés parentaux, la légalisation de l’homoparentalité. C'est aussi freiner les ambitions professionnelles des femmes, encourager leur travail à temps partiel qui va de pair avec des salaires réduits. Prétendre que la testostérone donne aux hommes plus d'appétit sexuel que les femmes, ou encore que la violence résulte de pulsions hormonales irrépressibles, conduit à accepter cette violence comme inéluctable et remettre en cause les lois réprimant le harcèlement sexuel et les violences faites aux femmes.

Dans ces débats de société, il est crucial que les biologistes s'engagent pour remettre en cause les fausses évidences qui voudraient que l'ordre social soit le reflet d'un ordre biologique. Si les filles et les garçons ne font pas les mêmes choix d'orientation scolaire et professionnelle, ce n'est pas à cause de différences de capacités cognitives de leur cerveau. Si les femmes ont la charge des taches domestiques et des enfants, ce n'est pas à cause d'un instinct maternel naturel. Si les femmes sont victimes de violences, la faute n'est pas à la testostérone qui rendrait les hommes agressifs. Aborder de front les préjugés essentialistes est indispensable pour combattre les stéréotypes, mener des actions politiques et construire ensemble une culture de l'égalité.

Catherine Vidal - Neurobiologiste,

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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 12:41
Où va-t-on ?

On peut dire que François Hollande a le sens de l’opportunité

A deux jours de la journée mondiale des droits des femmes, il a décoré de la légion d’honneur le ministre de l’Intérieur saoudien, Mohammed ben Nayef, prince héritier de l’Arabie Saoudite.

La légion d’honneur sert, en principe, à récompenser ceux qui "œuvrent au développement de la France, à son rayonnement", et "à sa défense."

Avec 70 exécutions capitales en trois mois, le ministre de l’intérieur saoudien répond évidemment à ces critères.

A moins que cette récompense ne vise à le féliciter pour l’action de la police religieuse saoudienne, chapeautée par le Comité pour le commandement de la vertu et la répression du vice, qui a ordonné à la direction du café d’interdire l’accès aux femmes après avoir constaté, lors d’une « inspection de routine », l’absence de « mur de ségrégation », obligatoire dans tous les restaurants, cafés et magasins saoudiens .(Selon le quotidien britannique The Independant,)

Recevoir un ministre étranger : certes. Diplomatie oblige. Le décorer ?

On est en train de perdre la tête… et l’honneur.

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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 12:06

Il m’arrive de soutenir que le ralliement apparent de l’Eglise catholique au principe de la laïcité de l’Etat reste pour le moins ambigu.

Les propos tenus par le pape François à un groupe de Français conduit par Jean-Philippe Mallé, ancien député PS et cofondateur d’Esprit civique, un club de réflexion qui réunit élus et militants associatifs héritiers du christianisme social me conforte dans cette idée.

Selon le compte rendu de cette audience (voir le site Famille chrétienne), pour le pontife, « La bonne laïcité devait toujours permettre la « recherche et l’ouverture à la transcendance .» En ce sens, la France se devait d’être « davantage laïque ». Car, selon le pape, la laïcité à la française est un produit du siècle des Lumières, où la religion n’est considérée que comme étant une « sous-culture ». Selon lui « la France a donné vie à de très nombreux saints » , elle est « bien la fille aînée de l’Église », « même si elle n’est pas forcément la plus fidèle », aurait-il ajouté en souriant.

On trouve bien, dans ces propos une mise en cause de l’héritage des lumières qui, n'en déplaise à François, donne tout son sens à la laïcité républicaine. En contestant la légitimité de ses racines, c’est, de fait, la laïcité elle –même que l’on conteste et que l’on détourne de ce qui fait son identité. La contestation, pour n’être pas frontale, n’en est pas moins réelle et j’oserai dire …jésuitique.

Il avait déjà été clair dans son discours au parlement de Strasbourg en novembre 2014, au cours duquel il avait dit que le vieux continent avait « un rôle très particulier dans le monde ». « L’Europe peut redevenir une mère à condition qu’elle retrouve ses racines." Chrétiennes évidemment !

Ce propos rejoignait parfaitement celui que tenait Jean-Paul II à l’occasion d’un discours au parlement européen en 1988, peu avant la chute du mur de Berlin, « Toutes les familles de pensée de notre vieux continent devraient réfléchir à quelles sombres perspectives pourrait conduire l'exclusion de Dieu de la vie publique, de Dieu comme ultime instance de l'éthique et garantie suprême contre tous les abus du pouvoir de l'homme sur l'homme

Vous avez dit ralliement ?

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4 mars 2016 5 04 /03 /mars /2016 01:49

Les reculades du gouvernement n’y feront rien : les masques sont tombés. La jeunesse et le monde du travail qui ont contribué à l’élection de François Hollande demandent des comptes et exigent que leurs revendications soient enfin satisfaites. Contre les adeptes des petites manœuvres de couloirs, il faut tenir bon, c'est-à-dire contester le fond du texte, mobiliser la jeunesse et le monde du travail, mais aussi proposer d’ores et déjà l’alternative républicaine.

Contester ce texte, mélange de cynisme et d’inconséquence, est finalement le plus facile. Celui-ci vise à la fois à diminuer les salaires par une baisse du taux horaire, à rendre possible l’allongement de la durée du travail, à faciliter les licenciements et à rendre quasi indolore les ruptures abusives. Bref, les élites incapables de protéger le peuple dans la mondialisation se retournent contre lui et l’accusent de tous les maux. C’est la politique de la post-démocratie. Mais, incapables d’assumer leur forfait jusqu’au bout, ces élites demandent aux organisations syndicales de faire « le sale boulot » par la généralisation d’accords d’entreprises dérogatoires aux accords de branche.

Mobiliser l’ensemble de la jeunesse et du monde du travail dans la période est un impératif. Le MRC sera présent le 9 mars pour amplifier la contestation du texte initial et refonder la promesse républicaine d’égalité. Ce qui se joue en ce moment, c’est la possibilité de faire émerger à la suite des mouvements de contestation espagnol et grec une politique sociale et républicaine au service du peuple, contre les oligarchies dominantes et leurs serviteurs.

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3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 07:29
Vous avez dit ... démocratie ?

A un peu plus d'un an de l'élection présidentielle de 2017, le Parlement est en train de modifier certaines règles qui régentent la campagne dans une indifférence quasi-générale. Pourtant, l'une des mesures en cours d'adoption s'annonce lourde de conséquences, puisqu'elle prévoit de réduire la période pendant laquelle les médias doivent respecter une égalité du temps de parole entre les candidats. Une disposition visant à avantager les candidats investis par les partis en place et d’empêcher l’apparition de propositions nouvelles

Les règles actuelles prévoient que les médias assurent cette égalité pendant les cinq semaines qui précèdent le premier tour : les deux semaines de campagne officielle, mais aussi les trois semaines dites de "période intermédiaire", qui séparent la publication de la liste des candidats du lancement de la campagne officielle. La version initiale de la proposition de loi remplace l'égalité durant la période intermédiaire par un "principe d'équité".

L'équité, c’est le cache-sexe de l’inégalité. Les médias, pourront traiter candidats en fonction de certains critères, comme les "résultats obtenus aux plus récentes élections", les "indications d'enquêtes d'opinion" ou encore "la contribution de chaque candidat à l'animation du débat électoral".

Ce sont là des critères dont le sens est évident mais ont le caractère démocratique est plus que douteux.

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2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 07:18
Publication

Le numéro de Mars "Spécial laïcité " de la revue de la Fédération des oeuvres laïques de l'Ardèche vient de paraître.

Au sommaire

Editorial de Jean-Paul Scot - historien - auteur de "L'Etat chez lui, l'Eglise chez elle" (Comprendre la loi de 1905)

Texte de la conférence donnée au Tribunal de Grande instance de Privas le 25 novembre 2015 par Gérard Bouchet

Un discours de Boissy d'Anglas

Un rappel de la plantation de l'arbre de la laïcité à Soyons le 9 décembre 2015

Un extrait du discours de Victor Hugo du 15 janvier 1850

On peut se procurer ce numéro (7 €) auprès de la FOL Ardèche - Bd de la Chaumette - BP 219 - 07002 Privas ou auprès de Gérard Bouchet

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1 mars 2016 2 01 /03 /mars /2016 07:44

La réforme du code du travail par le gouvernement serait destinée à moderniser le marché du travail français.

Moderniser, voilà bien un mot valise, un mot qui sert de fourre-tout et de leurre pour cacher souvent les pires intentions.

Moderniser passerait par une déstabilisation des salariés. Or, on ne voit pas comment les filets de sécurité que les salariés abandonneraient au niveau de l’entreprise : moindre stabilité des emplois, des temps et des rémunérations, serait compensé pas plus d’assurance collective et plus d’investissement. Un tel propos est évidemment une chimère.

Alors que, par exemple, les allemands que l’on cite si souvent en exemple et les hollandais, font tout, en cas de crise, pour garder le personnel en utilisant massivement le recours négocié au chômage partiel, en France on choisirait de faciliter les licenciements purs et simples. Au nom de l’emploi, on faciliterait les mises au chômage. C’est peut-être « moderne » mais ce n’est sans doute pas très efficace.

Quand on me parle de « modernité » me vient toujours à l’esprit la conclusion de la conférence de Renan « Qu’est-ce qu’une nation ? » : Messieurs, laissons passer le règne des transcendants ; sachons subir le dédain des forts. Peut-être, après bien des tâtonnements infructueux, reviendra-t-on à nos modestes solutions empiriques. Le moyen d’avoir raison dans l’avenir est, à certaines heures, de savoir se résigner à être démodé.

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29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 02:31

On n'en finirait pas de relire Jaures.:

"N'ayant pas la force d'agir, ils dissertent."

« Le socialisme, dans son principe le plus général, c’est l’intervention de la société dans les rapports économiques que crée, entre les hommes, l’existence de la propriété. »

"Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage."

"La République c'est le droit de tout homme, quelle que soit sa croyance religieuse, à avoir sa part de la souveraineté."

"C'est qu'au fond, il n'y a qu'une seule race: l'humanité."

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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 11:40

La question de l’ouverture des magasins le dimanche a récemment fait l’objet de débats houleux.

On ignore souvent que le sujet n’est pas nouveau et qu’il a, dans le passé, été traité par des législations contradictoires

Le Jour du Seigneur, obligatoirement chômé sous l’ancien régime, avait été supprimé dans le calendrier révolutionnaire. Napoléon, sous prétexte que, "le peuple mangeant le dimanche, il doit pouvoir travailler le dimanche" avait maintenu cette suppression.

Le repos dominical obligatoire est rétabli par la Restauration en 1814.

Les républicains, avec la loi du 12 juillet 1879 suppriment l’obligation de ce repos (cependant maintenu pour les fonctionnaires). Lors du débat au sénat, le rapporteur, Casimir Fournier, reproche en effet au texte de 1814 d'imposer le repos à titre « d'hommage à un culte particulier". La droite défend alors le maintien de l’obligation du repos dominical au nom de la justice sociale : « le patron seul aura su faire un déplorable bénéfice. Le faible, le pauvre qui a besoin de protection, voilà la victime de la disparition des temps de repos, de ce repos sacré qu'on supprime ''.

C’est en 1906 (Loi du 13 juillet) que ces mêmes républicains rétablissent le repos hebdomadaire en faveur des employés et ouvriers.

Article 1 : Il est interdit d'occuper plus de six jours par semaine un même employé ou ouvrier dans un établissement industriel ou commercial ou dans ses dépendances, de quelque nature qu'il soit public ou privé, laïque ou religieux, même s'il a un caractère d'enseignement professionnel ou de bienfaisance.

Le repos hebdomadaire devra avoir une durée minima de vingt-quatre heures consécutives.

Article 2 : Le repos hebdomadaire doit être donné le dimanche.

Chaque époque a sa logique et les arguments s’échangent entre courants de pensée.

Y a-t-il des leçons à tirer de tout cela ?

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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 01:29

Valls et à son gouvernement sont probablement sincères quand ils affirment que la politique qu’ils conduisent est utile à la France et à ses citoyens. Il serait tout à fait intolérable qu’il en soit autrement. On peut leur faire ce crédit de la bonne foi.

On ne peut par contre pas admettre qu’ils s’osent continuer à qualifier cette politique de politique de gauche et qu’ils se réclament du socialisme.

En effet, Il ne suffit pas de dire, comme le fait le premier ministre, "Être de gauche, c'est regarder la réalité en face" pour avoir le droit de se dire de gauche.

Etre de gauche c’est porter un projet de justice sociale et ne pas regarder la réalité pour mieux s’y adapter mais pour tenter de la transformer. Le « réalisme » en politique est le plus souvent l’alibi du conservatisme et de la réaction.

Valls ferait bien de relire Jaures : Le courage, c’est de ne pas livrer sa volonté au hasard des impressions et des forces…. En relisant le discours à la jeunesse il comprendrait aussi que si le courage c’est bien de comprendre le réel, c’est aussi d’aller à l’idéal.

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