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  • : G. Bouchet la vie muncipale de Valence. Des réflexions sur la vie politique locale, départementale, nationale.
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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 08:00

Intervention de Jean-Pierre Chevènement devant l'Académie des Sciences Morales et Politiques, lundi 3 décembre 2012. (extraits) L'intervention complète est disponible sur le site :  http://www.chevenement.fr

 

Dans l’échec global des nationalismes arabes, la responsabilité des sociétés arabes et de leurs leaders ne saurait malheureusement être éludée. Très marqués par la tradition patriarcale et la « verticalité » du pouvoir propre aux sociétés méditerranéennes, les pays arabes n’accèdent pas spontanément à la dimension « horizontale » du débat civique, fondé en Occident sur l’existence d’un citoyen censé « penser par lui-même ». Non que les sociétés arabes ne comportent pas beaucoup d’individualités brillantes, mais l’idée d’une relation politique d’égal à égal, fondée sur une démarche argumentée et démocratiquement sanctionnée, a eu longtemps peine à s’y faire jour. Ce serait tout l’intérêt du processus enclenché par les révolutions arabes si elles permettaient d’y remédier. Ce « travail de soi sur soi » des sociétés arabes est un préalable. Il a été entrepris par une jeunesse branchée sur le monde moderne mais assez généralement coupée des luttes d’indépendance menées, il y a plus d’un demi siècle par leurs aînés../ …


La France doit, selon moi, rester fidèle à une politique de principes : respect de l’autodétermination des peuples dans le cadre de la Charte des Nations-Unies, refus de l’« ingérence », dialogue des cultures et des nations. Naturellement, la République française repose sur des valeurs, mais ces valeurs ne s’exportent pas à la pointe des baïonnettes ou par missiles guidés avec précision. La démocratie, en particulier, n’est pas, comme l’a bien vu Jacques Berque, un article d’exportation. Elle doit prendre appui, pour se développer, soit sur la transformation de concepts ou d’institutions traditionnels pour relever les défis du présent, soit sur l’emprunt à l’étranger de concepts et d’outils que les sociétés veulent s’approprier par nécessité de survie, comme ce fut le cas au Japon, à l’ère Meiji. C’est dans leurs propres motivations que les peuples arabes doivent ainsi trouver le ressort qui les fera acteurs et maîtres de leur destin. . /…

Il me semble qu’une République française fidèle à ses valeurs d’égalité (ce qui manque le plus), de fraternité, de liberté d’esprit et qui ne ferait pas de la laïcité une arme contre les religions (ce qu’elle n’est pas et ne doit pas être), servirait utilement le dialogue avec le monde musulman…/…

L’islamisme politique est à coup sûr un courant important dans le monde musulman d’aujourd’hui. Il comporte des versions traditionnelles (wahhabite, déobandie) ou plus modernes (les Frères musulmans). Nous n’avons aucune assurance sur sa réversibilité, tant qu’il n’a pas démontré son respect de la volonté populaire et des libertés publiques. Nous ne savons pas non plus le degré d’emprise qu’il exercera sur les sociétés qu’il parviendrait à dominer politiquement (s’agissant notamment du statut de la femme).

Pour autant, la France doit rester fidèle, selon moi, au principe de non-ingérence, sans pour autant cesser d’affirmer les valeurs républicaines qui sont, si je puis dire, dans son génome.

Nous devons reconnaitre les gouvernements issus des urnes, qu’ils nous plaisent ou non, et donc continuer à reconnaitre des Etats et non des régimes.

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