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  • : G. Bouchet la vie muncipale de Valence. Des réflexions sur la vie politique locale, départementale, nationale.
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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 08:00

Emmanuel Todd, dans un entretien à Marianne, pose un regard sur les premiers mois de la présidence de François Hollande. (Extraits – texte complet à lire sur le site Marianne 2)

Emmanuel Todd : Il y a deux conditions pour que la présidence socialiste ne soit pas un désastre : sortir de l'euro et déclarer que des secteurs d'avenir technologiques, comme les énergies renouvelables, doivent être protégés comme les biens culturels.

On ne voit guère l'amorce d'une volonté de sortir de l'euro de la part du gouvernement Ayrault... E.T. : Les gouvernements ne sont plus des acteurs conscients. Nos dirigeants sont égarés dans l'histoire ! La rigueur budgétaire va avoir des conséquences révolutionnaires, mais j'admets volontiers qu'Ayrault, Moscovici et Cahuzac ne sont pas des agents conscients de cette révolution.

Pour le moment, ce qui fait peur est que la sortie de l'euro est présentée comme cataclysmique...  E.T. : Elle sera douloureuse. Mais vous imaginez un chirurgien refusant d'opérer parce que son patient va avoir un choc opératoire ? L'euro n'est plus un problème économique, mais psychologique. La bonne comparaison, c'est la guerre d'Algérie. Comme à l'époque, les classes dirigeantes savent qu'elles ont failli. Mais il a fallu quatre ans à de Gaulle pour nous en sortir. Pourquoi ne pas accorder le même crédit à Hollande ? Il est arrivé en disant : «Je vais garder l'euro», comme de Gaulle avait dit : «L'Algérie restera française

Hollande démarre son quinquennat de façon offensive, en mettant en avant une autre politique par rapport à l'austérité prônée par Angela Merkel. Cinq mois après, n'avez-vous pas sincèrement le sentiment de le voir rentré dans le rang ? E.T. : On ne peut pas changer le monde par un simple claquement de doigts. Les politiques ne peuvent trancher que dans des situations mûres. La rigueur nous mène à une récession non pas seulement européenne, mais mondiale ! On en discerne déjà les premiers signes en Allemagne et surtout en Chine, dont l'inquiétante agressivité à l'égard du Japon traduit un affolement certain de ses dirigeants.
Beaucoup de gens n'ont pas encore compris dans le détail ce qui se passe. La faillite de l'euro est évidente, mais tout le monde n'a pas compris que l'euro, qui était censé mettre l'Allemagne en tutelle, est devenu l'instrument de son hégémonie, et que l'euro transforme le système européen de nations libres et égales en un monstre hiérarchique...

François Hollande avait affirmé qu'il n'approuverait pas le traité budgétaire européen en l'état...  E.T. : Ce traité m'indiffère et me gêne simultanément. Faire voter en grande pompe par l'Assemblée nationale des dispositions qui n'ont pas de sens dans la longue durée, c'est décréter la fin de l'histoire. C'est voter la diminution de la distance entre la Terre et la Lune ou l'inversion du cours de la Seine. Ça n'aura pas de conséquences pratiques. Le problème, c'est que voter un traité ridicule va un jour contribuer à ridiculiser une démocratie déjà bien malade.

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