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  • : G. Bouchet la vie muncipale de Valence. Des réflexions sur la vie politique locale, départementale, nationale.
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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 08:00

Intervention de Jean-Pierre Chevènement sur le Sommet européen des 28 et 29 juin 2012, Sénat, jeudi 5 juillet 2012. (Extraits)

La France se trouve aujourd’hui dans une situation très difficile, dont sa désindustrialisation, continue depuis près de trois décennies, l’érosion de sa compétitivité et, enfin, un chômage frappant 10% de sa population active sont les symptômes les plus significatifs.

C’est pourquoi, comme les autres parlementaires du MRC, je soutiens l’effort nécessaire auquel appelle le gouvernement pour réorienter l’Europe et redresser l’appareil productif. A titre personnel, j’apprécie votre détermination : Un discours de vérité peut seul créer la confiance.

La situation dégradée de l’économie française n’est pas le fait du hasard. Elle résulte de choix de dérégulation effectués depuis vingt-cinq ans dans le cadre de l’Acte unique et constamment poursuivis sous l’impulsion de la Commission européenne.

… / …
Le vrai problème entre les différents pays de la zone euro est la différence de leurs niveaux de compétitivité et l’ampleur des déséquilibres commerciaux entre eux.

Comment résoudre ce casse-tête ? J’ai proposé qu’on étudie sérieusement pour l’avenir à moyen terme le modèle d’une monnaie commune plutôt qu’unique. Il n’est pas interdit de rechercher des solutions innovantes aux crises de la zone euro. Celles-ci ne sont pas derrière nous. De sommet de la dernière chance en sommet de la dernière chance, les dirigeants de la zone euro ont su reculer les échéances. Mais rien ne peut dispenser d’une réflexion d’ensemble sur l’avenir de la zone euro.

Le Parlement doit être mieux informé des projets de la Commission, qu’il s’agisse du document dit des quatre présidents, de la supervision bancaire, d’un futur système de garantie des dépôts des épargnants ou du projet européen de résolution des crises bancaires. Pour le moment, c’est la Commission qui veut s’ingérer dans la procédure budgétaire. Il serait temps qu’à l’inverse, les Parlements soient saisis des projets de la Commission européenne. Il est trop tôt, Monsieur le Ministre, pour apprécier complètement la portée des avancées effectuées au sommet européen des 28 et 29 juin derniers. Mettons à profit les mois d’été pour évaluer plus justement les progrès à réaliser en Europe en matière de solidarité et de démocratie. Gardons-nous des pièges de l’idéologie. L’Europe européenne que nous voulons se fera à partir des réalités qui sont d’abord nationales. Nous faisons confiance au Président de la République, élu par la nation, pour ouvrir un chemin conforme à la maxime de Jaurès : « Aller à l’idéal et comprendre le réel ».

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commentaires

Serge d'Agostino 11/07/2012 15:08

un commentaire (un peu long et parfois un peu technique) à partir du commentaire de Gège:
1) L'Ecu n'était pas monnaie unique mais monnaie commune et encore puisque sa sphère de circulation si je puis dire était très limitée. Mme Thatcher, opposée à la monnaie unique, souhaitait
instaurer l'ECU comme monnaie commune, circulant conjointement aux monnaies nationales, les marchés (y compris les consommateurs) choisissant alors la monnaie de leur choix pour leurs transactions.
Elle pensait que ce serait une incitation pour les États à luter contre l'inflation pour que leur monnaie e sot pas disqualifiée en regard d'un ECU qui devait être selon elle une monnaie forte.
Dans cette logique, l'ECU, monnaie commune n'apporte pas grand chose par rapport à ce qu'on a fait de l'euro.
2)Les monnaies nationales qui participant au SME étaient rattachées à l'ECU et tte dévaluation ou réévaluation était décidée en commun. Mais la règle était similaire à celle d’aujourd’hui : se
caler sur l'Allemagne (le DM était le point d'ancrage du SME)et maîtriser l'inflation d'où la rigueur comme règle de vie ! Donc même logique que maintenant. Au passage, signalons que la GB n'a
intégré le "jeu" du SME qu'en 1990 et l'a quitté en 1992 (d'autres pays n'ont pas non plus joué le jeu !). On retrouve bien cette même stratégie de passager clandestin de l'Europe.
que joue la GB aujourd’hui.
3)Il est difficile de prôner en Europe un système de changes flexibles entre monnaies nationales car alors c'est la porte ouverte à la "guerre monétaire" (les dépréciations répondant aux
dépréciations) et/ou à l'éclatement du bloc régional( du fait des tensions entre États s'accusant de dumping monétaire). Instaurer un système du genre SME, avec un truc comme l'ECU au centre, n'est
pas une mauvaise idée en soi (changes fixes mais ajustables) mais la théorie montre de manière indiscutable que pour préserver l'autonomie des politiques monétaires nationales, il est nécessaire de
maîtriser les flux de capitaux d'où la nécessaire remise en cause d'une des 4 libertés du marché unique. En outre, un système de changes fixes, pour qu'il tienne(càd ne pas trop souvent modifier
les parités), c'est un peu comme la monnaie unique : il faut que les politiques éco nationales convergent (dans ce cas tout le monde à le même objectif par exemple éradiquer l'inflation ou fixer le
même taux pour tous) et/ou qu'elles soient coordonnées (dans ce cas les uns relancent/les autres freinent en fonction des situations des uns et des autres, ce qui supposent une entente très forte
et des abandons de souveraineté budgétaire et une forme de gouvernement éco actif. Par exe, pour imposer à l'Allemagne de relancer son éco au bénéfice des pays du sud => Y'a du boulot!).

Tout ça pour dire, que dès lors qu'on opte pour une intégration éco poussée, on est confronté à la question des taux de change et de la souveraineté. Bien entendu, ce devrait être aux peuples d'en
décider (après d’âpres mais utiles débats)et non à des politiques soumis à des dogmes aujourd'hui remis en cause. Et sur ce point, comme je l'écrivais plus haut, y'a du boulot !

Gège 10/07/2012 11:22

L'E.C.U était une monnaie unique. Elle refusait la concurrence entre les monnaies. Les taux de change restaient "volatiles". Ils exprimaient alors l'état approximatif des monnaies fixés par les
banques nationales. La décision de référer à la BCE ce rôle "régulateur" impose (merci Delors)une attitude totalement opposée à la logique "nationale". Non seulement la maîtrise monétaire échappe à
la nation ("battre monnaie" telle était la devise nationale (je n'écris pas nationaliste), mais cette dernière est objet de dénigrements de la part des des faiseurs d'opinion, des responsbles
politiques nouvellement ou anciennement élus et des financiers européistes, chargés de la "gouvernance" européenne. Ces derniers, quelqu'ils soient, ont un projet : donner à la gouvernance (terme
emprunté au vocabulaire de l'entreprise)la primauté de l'action et de la décision, c'est à dire éliminer tout ce qui peut s'apparenter à de la démocratie.
"Sus au peuple", tel est l'objectif final de cette Europe. Rappel : 'l'Europe s'est faite pour les peuple (1957), puis sans les peuples (1986 : acte unique) et contre les peuple (2005). Quand un
tel sujet de réflexion sera-t-il donné aux concours en France? Jamais je pense.