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  • : Le blog de bouchet
  • : G. Bouchet la vie muncipale de Valence. Des réflexions sur la vie politique locale, départementale, nationale.
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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 09:11

Un correspondant écrit, exprimant le trouble de nombreux citoyens de "gauche" :

Après avoir écouté Jean-Luc Mélenchon samedi soir sur France 2 dans l'émission de Laurent Ruquier, Gérard Miller ce soir sur France 5, leurs authentiques convictions et leurs rappels historiques, je pensais à la composition du Conseil National de la Résistance, le CNR auquel nous devons tant. On y trouvait des représentants du PC, de la SFIO, de la CGT, de la CFTC, des Radicaux, des démocrates chrétiens, de la droite modérée, de la droite conservatrice et catholique. Ils ont écrit un programme politique qui s'appelle "les jours heureux", et dont nous bénéficions des vertus et progrès sociaux. Mélenchon-Hamon-Jadot s'estiment en incapacité de s'allier car ils seraient trop "différents". Qu'ils regardent un peu derrière eux car ils sont en train de nous écrire "les jours malheureux". Pour ma part, je ne leur pardonnerai pas.

Bien à vous

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commentaires

Pikov 16/03/2017 10:13

Uwe,
C’est un « bon gars », Hamon, mais il clive au sein même de son camp. Tout d’abord remarquons qu’il ne manque pas d’air quand il nous parle des électeurs de la primaire qui seraient « trahis » par Manuel Valls parce que celui-ci ne souhaite pas pousser l‘hypocrisie jusqu’à parrainer sa candidature. Or, le parcours récent du « bon gars » montre que c’est lui qui a commencé à trahir son camp en votant la censure du gouvernement socialiste pour le faire tomber. Et entre ces deux trahisons, si l’on admet que celle de Valls en soit réellement une, celle de Hamon est bien la plus dangereuse et la plus inconséquente qui soit. Imaginez que « le bon gars » ait réussi son coup en faisant tomber le gouvernement dont il était lui-même issu par ailleurs. Il s’en est fallu de peu qu’il y parvienne, il n’a manqué que deux voix pour que cela arrive. Imaginez donc ce que cela aurait signifié : dissolution de l’assemblée et une législative anticipée… Il est donc très malvenu de venir parler de « trahison » quand il a lui-même été l’instigateur d’une déloyauté et d’une indiscipline envers son camp inédites sous la 5ème.
Politiquement, avec ce « bon gars » on est dans la confusion la plus totale, on ne sait plus où il en est avec son revenu universel qui ressemble de plus en plus au revenu décent de Manuel Valls. On voit là ses limites. Surtout, il nous a pris un peu en otage avec ses alliances avec des écolos jusqu’au-boutistes. Et puis ses tentatives d’alliances avortées avec celui qui veut la mort du PS, Mélenchon, sont une drôle de façon de respecter l’électorat socialiste.
Il commet erreur sur erreur et se prête à des amalgames un peu faciles quand il compare Emmanuel Macron à Hillary Clinton, ou carrément honteux quand il associe le même à un « marchepied » de MLP. Croit-il vraiment qu’il va nous faire revenir vers lui en tapant comme un sourd sur Macron ? Il ne gronde pas non plus ses affidés lorsqu’ils viennent dire que Macron serait « l’ami de la finance », ce qui est, pour le moins, une allusion assez nauséabonde. Le véritable allié potentiel du PS c’est Macron et non pas Jadot ou Mélenchon, Hamon ne l’a toujours pas compris et il se complaît dans ce vieux clivage obsolète qui n’a plus de sens pour les Français et qu’ils rejettent.
Hamon déçoit l’électorat classique du PS sur le plan de la laïcité et de l’égalité hommes-femmes. Il tergiverse, il n’est pas ferme. Ses positions ambigües sur ces questions montrent qu’il tolère plus que de raison le communautarisme, au mieux par naïveté, au pire par cynisme électoraliste.
Benoît est un « bon gars »… peut-être, de gauche, certainement, mais les questions du moment est : serait-il un bon président de la République ? A-t’il la bonne stratégie et les bons partenaires ? Aurait-il une majorité pour le soutenir ? Et a-t-il l’épaisseur nécessaire pour la fonction. A toutes ses questions, la réponse est non. Plus ça va plus on se persuade en l’observant qu’il ne cherche pas à se retrouver au second tour mais à s’emparer du PS pour en faire un parti contestataire à la sauce Podemos, un parti radicalisé, replié sur lui-même et donc destiné à être minoritaire. Son projet politique apparaît à des années lumières du parti réformiste et social-démocrate que l’on connaissait. Le PS est bien mal en point et il n’arrange pas la situation par son positionnement marginal et ultragauchiste.
Mais de dépit se tourner vers Mélenchon ? Bôf… Si le programme de Mélenchon est cohérent, il est totalement irréaliste. Les discours de Mélenchon frisent le populisme. Sur plusieurs points on peut le comparer à Marine Le Pen. Même si Mélenchon excelle en art oratoire et qu’il est bien meilleur acteur et tribun que la frontiste, les deux font des shows politiques anxiogènes où la dramatisation, la surenchère et tous les raccourcis sont permis. Pire chez les deux on retrouve le rejet de tous ceux qui ne leur ressemblent pas ou ne pensent pas comme eux qui s’exprime avec la même tonalité méprisante, agressive et vindicative. Chez les deux il y a une personnalisation excessive du combat politique. Tous deux seraient seuls contre un système qui les priverait de parole alors qu’ils en usent très bien. Ainsi Mélenchon n’hésite pas à se servir de « l’ennemi » ultralibéral You Tube ou Facebook, par exemple, pour se faire des copains et recycler de vieilles idées auprès des jeunes déboussolés. Et puis sur le projet économique et social, comme avec MLP, on rase gratis chez les Insoumis et l’on fait aux électeurs des promesses intenables. Pour ce faire, on sort l’argent de sous le sabot d’un cheval mais on ne rembourse rien à nos créditeurs et on sort de l’Europe… Où sont les différences du projet Mélenchon avec le programme économique de Marine Le Pen ?
Hamon ou Mélenchon, Dupont et Dupont, les deux ont fait le choix de créer du clivage au sein même de la gauche : ce qui est perdant. En conséquence, prenant acte de l’impasse politique que les deux proposent, l’issue pour moi ce sera Macron. 1/ parce qu’il rebat les cartes et propose une recomposition salutaire du paysage politique, bienvenue dans ce contexte de crise, 2/parce qu’il est républicain, progressiste et réaliste, 3/ parce qu’il est profondément européen –il est le seul candidat à l’être aussi clairement- et attaché à ce que la France ne s’isole pas du monde, et 4/ parce qu’il est en capacité de rassembler largement, à droite et à gauche, et que justement tout comme l’exprime très bien le correspondant de Monsieur Bouchet, les bonnes volontés des uns et des autres ont montré qu’il pouvait en ressortir de très bonnes choses pour les Français .
Amicalement.

Uwe 13/03/2017 20:04

Bonsoir,

Naturellement que tous les gens de gauche rêvent d'une union gagnante. Mais, mais que penser du PS qui, je pèse mes mots, ne respecte pas le choix de la primaire, vu qu'ils fuient en masse vers le choix Macron. Que penser du PS et ses multiples trahisons (Je ne comprends toujours pas pourquoi les Verts continuent à passer des accords !). Alors, oui, la position des Insoumis me parait cohérente, même si la situation est regrettable, j'en conviens. Je n'ai rien contre M Hamon, plutôt un bon gars je pense. Mais il semble si seul au sein du PS, que quel que soit son projet de gauche, il devra forcement composer avec ses "amis". Je constate par exemple que Mme El Khomri est investie pour les législatives. Je la voit mal retoquer sa propre loi, ce qui est pourtant nécessaire ... Et tout à l'avenant. Ça me rappelle la position des "éléphants" lors de la campagne de 2007 où, on peut le dire, ils ont soutenu Mme Royal à minima ("qui va garder les enfants" disait Fabius). La classe politique n'est, en grande partie, pas digne du peuple, pas digne de l'intérêt général, qu'elle devrait pourtant défendre. Pour ce qui est de le référence au CNR, je constate que le contexte historique est très différents. Le monde patronal et le monde de la finance, à la sortie de la guerre, devaient "faire canard", vu leurs comportements inacceptables durant la guerre et l'occupation. La droite modérée d'alors, c'était les gaullistes. On voit ce que sont ,à notre époque, ceux qui se réclament de De Gaule (je cite simplement Sarkozy ou Fillon ...). Il faut prendre acte du fait que le PS n'est plus exactement de gauche (plus grand chose à voir avec le SFIO je pense). Je pense que l'échiquier politique s'est déplacé et il faut revoir nos références historiques. Pour mois, ce sera les Insoumis. Bien cordialement.
Uwe.