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  • : G. Bouchet la vie muncipale de Valence. Des réflexions sur la vie politique locale, départementale, nationale.
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4 octobre 2016 2 04 /10 /octobre /2016 07:53

Nicolas Daragon est un expert en matière de manipulation d’une assemblée. Il alimente cet art à une absence totale de scrupule en matière de rigueur dans l’argumentation.

Il vient d’en faire une nouvelle démonstration hier soir.

Maitre de l’ordre du jour du conseil municipal, il y avait inscrit la présentation d’un vœu de l’élu Front National, visant à faire adopter la Charte proposée par ce parti déclarant Valence « ville sans migrants ». Après avoir donné la parole à ceux qui souhaitaient intervenir, il a fait lui-même une longue intervention de nature très politique, axée surtout sur la contestation des décisions gouvernementales en matière de gestion de l’affaire des migrants pour finalement déclarer qu’il ne mettrait pas aux voix ce vœu au motif qu’il s’agissait d’un vœu politique qui n’avait pas sa place dans les délibérations d’un conseil municipal.

On est confondu par la duplicité de l’argument. Si le contenu de ce vœu n’était pas conforme à ce qui peut être débattu dans un conseil municipal, pourquoi l’avoir inscrit à l’ordre du jour ? Ou le vœu était recevable, et il fallait non seulement le débattre mais voter ; ou il ne l’était pas et il ne fallait pas l’inscrire à l’ordre du jour. L’argument de la non recevabilité ne peut être à usage variable. La contradiction ‘a pas eu l’air de troubler le maire.

La raison de cette manœuvre est claire. L’inscription à l’ordre du jour lui a permis de développer tous les arguments de la droite départementale et régionale sur le sujet et le non-vote a évité à ses colistiers d’avoir à prendre publiquement position sur un sujet sensible. Ceux d’entre eux qui auraient voté ce vœu n’ont pas eu à le faire, et donc ne se sont pas exposé manifester leur connivences avec l’extrême droite. Ceux qui auraient voté contre ce vœu – et j’espère qu’il y en aurait eu quelques uns – n’ont pas eu la possibilité de le faire et n’ont pas pu témoigner de leurs sentiments réels.

Au final, le maire a réussi à tenir son discours politique mais il a interdit à tous ses colistiers l’exercice de leur droit d’expression et de vote. Belle leçon d’anti démocratie !

Bravo l’artiste ! Mais attention ! A trop jouer ce jeu qui consiste essentiellement à prendre les autres pour des imbéciles, on finit un jour par se prendre les pieds dans le tapis.

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