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  • : G. Bouchet la vie muncipale de Valence. Des réflexions sur la vie politique locale, départementale, nationale.
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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 15:07

Le syndicat CGT de l'agglo explique, à l'intention du personnel, ce qu'il faut comprendre par "accompagnement managérial". Ce texte est particulièrement éclairant. je me permets de le reproduire.

Nous revenons aujourd'hui sur cette question car le fameux « parcours de management » a été présenté au dernier Comité Technique du 19 novembre dernier. Et il est urgent pour nous de décrypter ce qui est le véritable objectif de notre collectivité derrière ce beau paquet (il y a même un voilier qui glisse sur la houle en couverture du document du Cabinet qui conduira cet « accompagnement managérial » !).

A ceux qui nous rétorqueraient que nous sommes arriérés, dépassés, d'un autre temps, parce que nous nous attachons à défendre le Statut des fonctionnaires, seul élément qui garantisse à ce jour à la fois un service public de qualité ET l'équité de traitement pour TOUS les agents, parce que nous refusons ce système, car nous ne sommes pas dupes de ce qu'il induit, nous répondons ceci :

Nombreux sont ceux concernés à ce jour par ce programme de formation « managériale », qui sera particulièrement lourd, 120 cadres de l'agglo actuelle + 70 cadres de la Ville de Valence qui nous rejoignent en 2016, puisqu'il va concerner tous ceux qui sont positionnés comme cadres, quel que soit leur catégorie, et leur niveau dans l'organisation du travail : il y a des « managers hiérarchiques », des « managers intermédiaires » et des « managers de proximité ». Comment être assez naïfs pour ne pas voir que tout ce détricotage de notre Fonction Publique, le même qui s'exerce déjà dans le secteur privé, n'a d'autre but que de nous diviser, de privilégier l'individualisation au détriment du collectif, et ce qui va avec, l'esprit de compétition, favorisé par les procédures standardisées qui facilitent d'autant plus de se comparer les uns aux autres... En voulant, soi-disant valoriser positivement l'individu, on met en place tous les outils pour nier la capacité de l'agent à réaliser correctement son travail.

George Orwell a décrit dans 1984 le dispositif de « double pensée » qui consiste à « retenir simultanément deux opinions qui s'annulent, alors qu'il les sait contradictoires et croire à toutes deux ». Il avait identifié des « principes de l'asservissement » qui destituent l'individu de toute capacité de résistance et qui ont pour fonction d'effacer chez le sujet « tout souvenir de l'existence d'un désir possible de résistance ». L'idéologie managériale cherche au maximum à développer ces mécanismes de « double pensée ». (extrait de Manuel de survie au management, réalisé par la CGT UFICT, novembre 2015). Et ce n'est pas de la science-fiction, hélas ! Ce discours nous l'entendons bien tous les jours : les moyens diminuent, mais il faut faire plus et mieux avec moins. Ce management créé du malaise, mais il faut le renforcer (nombreuses expériences dans différents services de nos collectivités, avant et après passage en agglo). Il faut travailler plus collectivement, mais individualiser toujours davantage le traitement des personnes...il faut toujours plus de qualifications mais il ne faut pas trop de cadres...

La force de ce système est de se présenter en permanence comme la solution du problème, alors que c'est bien le management le problème ! Celui-ci en effet pèse sur tous les enjeux du travail, depuis le désir qui anime chacun de bien travailler, de s'épanouir dans son travail jusqu'à l'utilité sociale de celui-ci.

Aussi, nous faire renoncer à réclamer de meilleurs salaires, des repos mérités, des conditions de travail plus épanouissantes, mais aussi à avoir prise sur son travail, à en déterminer le SENS, à vouloir s'y réaliser personnellement ET collectivement, et à créer une société meilleure par ce qu'on produit, tel est l'objectif du dispositif de « double pensée » mis en place par ce « lean management. » Il s'agit par l'expérience constante de l'impossible, de développer un sentiment d'impuissance, afin de nous pressurer toujours plus.

Prenez le temps de réfléchir à vos conditions de travail et demandez-vous si vous n'êtes pas (déjà) dans cette situation et si celle-ci ne va pas en s'aggravant !

Première proposition concrète de notre part : bannissons de notre vocabulaire ces anglicismes et osons parler de travail et de son organisation. Les « managers » ont leurs mots, gardons les nôtres ! Berthold Brecht appelait à « lessiver les mots ». Luttons contre cette apparente naturalité d'expressions, cette novlangue qui aseptise les rapports sociaux. Ces mots sont là pour « euphémiser » la réalité. Exigeons-en les définitions et opposons-leur les nôtres : dire la réalité sociale est un sport collectif à pratiquer tous les jours !

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