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  • : G. Bouchet la vie muncipale de Valence. Des réflexions sur la vie politique locale, départementale, nationale.
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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 20:24

Le Ministre de l’intérieur est intervenu ce week-end en conclusion des Etats Généraux du christianisme. Son propos me plonge dans un abime de perplexité quant à la conception de la laïcité qui est la sienne et donc m’inquiète quant à sa capacité de garantir le caractère laïque de notre société tel qu’il ressort de la loi de 1905.

Quelques citations de son discours en italique :

Je tiens à remercier La Vie pour cette invitation qui me permet de contribuer aux « Etats généraux du Christianisme » Qu’est-ce qui autorise un ministre de la République de contribuer au Etats généraux d’une religion fut-elle encore dominante dans notre pays ?

Le 20 septembre dernier, le diocèse de Créteil m’a fait l’honneur et l’amitié de me convier à la dédicace de sa cathédrale, la première du XXIème siècle dans notre pays. J’ai senti ce jour-là notre assemblée… saisie par une authentique émotion à l’idée que notre pays était encore capable d’édifier de tels monuments, signes visibles de l’invisible, et de prolonger ainsi le fil d’une histoire vieille d’un millénaire. Est-ce de cette capacité de mysticisme que doit se féliciter un ministre de la République ?

La République elle-même ne fit pas toujours preuve de tolérance à l’égard d’une Eglise perçue comme un redoutable adversaire, plutôt que comme une source d’inspiration dans la recherche du bien public. Le Ministre regrette-t-il que la République se soit construite contre la réaction cléricale à la fin du XIXème siècle ? Cherche-t-il son inspiration politique dans la religion ?

De même, quand Saint Paul écrit aux Galates : « Il n’y a plus ni juif ni grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme, car tous, vous ne faites plus qu’un », comment ne pas y voir la racine première de l’égalité républicaine de tous devant la loi ? N’est-ce pas falsifier l’Histoire que de faire des Evangiles la racine de l’égalité républicaine alors précisément que les révolutionnaires de 1789 ont du briser le pouvoir de la Royauté et de l’Eglise pour construire l’Egalité et la Fraternité ?

je pense à Aristide BRIAND ou à Jean JAURES, qui désiraient une loi d’apaisement. A leur suite, je suis convaincu que la laïcité est avant tout un principe juridique de neutralité religieuse, qui s’impose à l’Etat et à ses représentants. Puisque vous le dites, il serait bon d’être neutre.Votre discours l’es-il ?.

Je ne vous surprendrai donc pas en vous disant que la laïcité républicaine, telle qu’elle figure dans nos textes, telle qu’elle est déclinée concrètement par nos juridictions, n’est pas à mes yeux très éloignée de la définition qu’en donnait Jean-Paul II, en parlant de la France : « La laïcité laisse à chaque institution, dans la sphère qui est la sienne, la place qui lui revient, dans un dialogue loyal en vue d’une collaboration fructueuse pour le service de tous les hommes. Considérer que la bonne définition de la laïcité appartient à un pape qui veut… une collaboration fructueuse… c’est-à-dire exercer un pouvoir direct sur la société, est-ce bien compatible avec le principe de Séparation ?

La République laïque, si elle n’a pas à connaître des débats théologiques entre les croyants, s’intéresse au dialogue inter-religieux, en tant qu’il favorise la concorde et la paix civile. L’Alsace en est un terreau fécond. Gloire au Concordat de 1801. Le ministre voudrait-il, secrètement y revenir ?

N. Sarkozy avec son discours de Latran avait fait très fort.

B. Cazeneuve ne se défend pas mal non plus.

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