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  • : G. Bouchet la vie muncipale de Valence. Des réflexions sur la vie politique locale, départementale, nationale.
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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 00:02

Mon intervention sur le Projet éducatif territorial

Je suis un vieux jacobin qui croit que l’éducation doit être nationale.

Je crois avec Condorcet, qui en 1792, avait magnifiquement décrit les buts de l’instruction nationale qu’un des devoirs de la puissance publique est d’offrir à tous les jeunes français, où qu’ils se trouvent sur le territoire national, les mêmes chances d’accéder à la connaissance qui leur permettra d’être des citoyens à égalité de droits et de devoirs et de « faire nation: Offrir à tous les individus de l’espèce humaine les moyens de pourvoir à leurs besoins, d’assurer leur bien-être, de connaître et d’exercer leurs droits, d’entendre et de remplir leurs devoirs ; assurer à chacun d’eux la facilité de perfectionner son industrie, de se rendre capable des fonctions sociales auxquelles il a droit d’être appelé, de développer toute l’étendue des talents qu’il a reçus de la nature, et par là établir entre les citoyens une égalité de fait, et rendre réelle l’égalité politique reconnue par la loi : tel doit être le premier but d’une instruction nationale et, sous ce point de vue, elle est pour la puissance publique un devoir de justice.

La Circulaire n° 2013-036 du 20 mars 2013 publiée au BO n° 12 du 21 mars 2013 qui définit ce qu’est le projet éducatif territorial me semble s’inscrire dans un mouvement qui vise à rompre avec cette exigence d’une éducation qui serait de responsabilité nationale

En effet, c’est à l’initiative de la collectivité territoriale et non plus de l’éducation nationale que s’élabore un projet dont le contenu sera inévitablement dépendant de la volonté politique des gérants du territoire et des moyens dont ils disposent.

Selon cette circulaire, le projet éducatif territorial doit donc permettre d’organiser des activités périscolaires prolongeant le service public d’éducation et en complémentarité avec lui. Il peut être centré sur les activités périscolaires des écoles primaires ou aller jusqu’à s’ouvrir, selon le choix de la ou des collectivités intéressées, à l’ensemble des temps scolaire, périscolaire et extrascolaire, de l’école maternelle au lycée, à l’instar de certains projets éducatifs locaux actuels).

Avec cette circulaire, la boîte de Pandore est ouverte vers des projets éducatifs diversifiés selon les territoires, ce qui me paraît contradictoire avec l’unité de la république. La réforme des rythmes scolaires a déjà bien dynamité l’éducation nationale. J’avais voté contre l’application de cette réforme malgré les sollicitations de mes amis.

Le glissement du temps périscolaire sur le temps scolaire et inversement est donc maintenant établi. La porosité entre temps scolaire et temps périscolaire constitue un préalable à la porosité des contenus qui se profile . Et donc à une territorialisation de l’éducation.

La réforme des collèges qui diminue de 20 % les horaires des disciplines pour les affecter à des programmes interdisciplinaires définis localement s’inscrit tout à fait dans la continuité de cette orientation.

Vous comprendrez donc que, pour des raisons de fond, qui tiennent à ma conception de ce que dont être , je le répète, une éducation nationale, je ne puisse pas approuver ce plan non pas pour ce qu’il est en lui-même même pour le sens politique qui est le sien.

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