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  • : Le blog de bouchet
  • : G. Bouchet la vie muncipale de Valence. Des réflexions sur la vie politique locale, départementale, nationale.
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5 novembre 2013 2 05 /11 /novembre /2013 09:06

Ce débat d’orientation budgétaire a bien évidemment quelque chose de particulier dans la mesure où il se situe à l’articulation de deux mandats et que l’exécution du budget qui va suivre dépendra assez largement du vote des électeurs en mars prochain

Cela dit, je ne partage pas l’optimisme apparent du rapport quant à l’état du contexte international et national qui laisse entendre qu’il pourrait y avoir une amélioration de la situation dont les collectivités pourraient finalement bénéficier.

La crise des dettes souveraines est en voie d’atténuation !  En termes médiatiques peut-être - on en parle moins - mais en termes de réalités chiffrées la chose ne paraît pas évidente. Le gouvernement grec annonce que « ça va être l’enfer jusqu’en juin 2014 au moins ». Les portugais demandent un allégement de leur cure d’austérité.  Quant à ce qui concerne  la France, l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) vient d’indiquer que l'endettement a augmenté de 41,9 milliards d'euros au deuxième trimestre 2013 et atteignait 93,4% du Produit Intérieur Brut (PIB) fin juin soit 1912,2 milliards d'euros. Fin mars 2012, il ne représentait que 91,7% du PIB  1870,3 milliards d'euros.

Cela nous fait dire qu’il ne faut pas s’attendre à ce que la situation des collectivités territoriales - qui sont invitées à participer au redressement des comptes nationaux - s’améliore de façon sensible, dès lors que l’objectif de réduction des déficits publics reste l’objectif n° 1 des politiques financières de l’Etat. De nouveaux tours de vis plutôt que de nouveaux soutiens sont à envisager au regard des chiffres connus.

Le bloc communal taxé de 840 millions d’euros en 2014 - et d’autant en 2015 - il ne faut pas s’attendre à ce que le mouvement de baisse de la DGF que l’on constate depuis quelques années (-3,3%) se modifie. Bien au contraire, tout porte à croire qu’il s’accentuera encore.

Dés lors, en termes d’orientation budgétaire, les choses sont relativement simples à poser :

La ville de Valence va avoir des charges nouvelles

en année pleine : le fonctionnement du musée et celui de la piscine Jean Pommier ;

sur un trimestre : la mise en place des nouveaux rythmes scolaires

Cela va entraîner des coûts nouveau, aussi bien en matière de fonctionnement général (entretien) que de personnel, surtout de personnel puisqu’il faudra des femmes et des hommes pour assurer ses services

Si on ne veut pas accroître la charge fiscale au-delà de ce que l’Etat lui-même fera en augmentant les bases d’imposition - comme il le fait chaque année - les seules solutions accessibles sont :

 1 la compression drastique des dépenses à caractère général (fluides, téléphone, frais postaux, etc…

2°  la stabilisation des offres de services à la population (pour ne pas parler de réduction)

3°  l’acceptation d’un autofinancement réduit ce qui peut conduire à un ralentissement des investissements ou à un accroissement de l’emprunt.

Bref, c’est une période de « vaches maigres » qui nous attend.

Cette réalité qui s’impose à tous nous fait - et nous fera  - un devoir de parler vrai à la population en cette année électorale où tout le monde aimerait pouvoir être beaucoup plus optimiste que ne le permet la situation. A cet égard, l’annonce du doublement des effectifs de tel certain service ou la gratuité de tel autre est totalement hors de propos.

Dans un contexte de crise - qui est de plus en plus mal supporté par les plus modestes et les catégories moyennes qui sont de gros contributeurs aux politiques d’austérité - c’est vers les efforts de solidarité et de contrôle des charges que le budget municipal devra être tourné.

La mise en place de la régie nous permettra de mieux contrôler le prix de l’eau mais, au-delà, ce sont évidemment des dispositifs d’accompagnement des investissements en matière d’économie d’énergie par exemple qu’il faudra inventer; la stabilisation voire la réduction du prix des services qu’il faudra assurer….

Nous aurons ainsi joué, modestement, notre rôle d’ « amortisseur de crise » pour nos concitoyens. La ville a, à ce jour, quelques marges de manoeuvre, il faut les utiliser en "bon père de famile".

 

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commentaires

Riri 12/11/2013 13:27

Le parler vrai serait de dire que le problème français vient -entre autres- de la complexité de son maillage territorial, que nous gaspillons les deniers publics en finançant un millefeuille de collectivités juxtaposées les unes aux autres et qui ont des prérogatives qui se chevauchent. Voilà ce qu'attendent des citoyens responsables de leurs élus qui continuent de faire comme si cette réalité désastreuse n'existait pas. Cet autisme et le manque de propositions courageuses font monter inévitablement les extrêmes dans ce contexte de crise. Plutôt que de continuer à financer des puits sans fonds et d'entretenir des collectivités qui vont droit à la faillite, posons-nous les bonnes questions et mettons celles-ci en adéquation avec les réalités d'aujourd'hui. Adaptons nos collectivités aux dimensions du monde d'aujourd'hui, élargissons les périmètres, redonnons un nouveau souffle à la démocratie locale et laissons les vestiges du passé dans les musées.

Nous n'avons plus besoin de 36 000 communes en France -trois fois plus qu'en Allemagne pour moins d'habitants-. C'est la plus profonde absurdité qui soit dans notre système politique et il faut s'y attaquer sérieusement. Qu'attendent le président et son gouvernement pour agir concrètement dans ce sens ?
En ces temps de campagne municipale, il serait temps de regarder la réalité en face, plutôt que de demander encore aux contribuables et citoyens de se serrer la ceinture, et de payer encore plus d'impôts. Peut-être faudrait-il se poser la question, en l'occurence, pour le pôle urbain de Valence (ce principe étant valable pour l'ensemble des moyennes et grandes villes de France), de la nécessité et de la cohérence d'avoir 8 ou 9 communes (dont certaines ont moins de 3000 habitants- qu'avons-nous besoin de collectivités de 3000 habitants dans des ensembles urbains tel que le nôtre?), pour bien le gérer, surtout inclu dans un futur ensemble intercommunal élargi à 51 communes... Il y a un moment où la déraison administrative, ce luxe démocratique que nous nous accordons met la démocratie elle-même en danger. Il faut que ça change et que les élus en s'engageant sur cette voie courageuse prennent leurs responsabilités. Il faut aller au bout de la logique de rationalisation et de la mutualisation des moyens. Pour l'instant la mutualisation correspond, selon les enquêtes qui ont été menées, à une augmentation des dépenses et non à leur réduction.

Avant de demander de faire des efforts aux contribuables, qui sont peut-être las de financer toute cette superstructure administrative et territoriale compliquée, ce morcellement territorial qui émiette et ralentit inutilement l'action politique locale, qui date de plus de 200 ans (c'est quand même un comble!), qui oblige à la création de nouveaux échelons -non démocratiques- dont nous n'aurions peut-être pas eu besoin à priori si l'on avait été courageux en fusionnant les communes d'un même ensemble urbain et départements à faible population, qui n'a presque jamais été remis en cause (ou quand cela l'a été il n'a été qu'un échec), qui est excessivement complexe et coûteux, remettons-le en cause sans craindre pour la démocratie locale. Il ne sert à rien d'avoir 500 000 élus locaux pour obtenir si peu de résultats sur ce sujet. Il ne faut plus que les élus locaux participent de l'éxaspération générale; il faut au contraire qu'ils fassent des sacrifices eux-aussi, qu'ils acceptent de voir leur siège disparaître pour l'intérêt général. Ce n'est pas la quantité d'élus qui garantissent du bon fonctionnement des collectivités, de la vie démocratique, de la bonne gestion des villes mais leurs qualités en soi.

Plutôt que de limiter les services utiles aux citoyens, commencez par remettre en cause le maillage territorial, assouplissez-le, élargissez-le, réduisez ses effets doublons dépensiers. Il en coûtera bien moins aux citoyens de voir leur commune élargie à d'autres communes voisines que de les priver ou de dispenser leurs enfants de certains services publics.

Les Français sont instruits. Ce ne sont pas des enfants et dans ce contexte de crise, ils accepteront plus facilement cette adaptation, adaptation qui permettra en plus d'ouvrir de nouvelles perspectives et garantiront justement la poursuite et la continuité du service public. Alors que le statu-quo dit ne changeons rien et contentons-nous de nous serrer la ceinture avant de tomber en faillite.

Bien à vous.